Ass. KASONIA

06

Dec

2022

Emplois publics et ethnocratie dans la ville de Goma

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Introduction

Toutes les constitutions qu’a connues la République Démocratique du Congo reconnaissent le principe de libre accès aux services publics. L’observation (la réalité) sur le terrain montre cependant que l’accès à l’emploi public à Goma est oblitéré par l’ethnocratie. 


L’historiographie de cette ville renseigne que pendant la Première République de 1960 à 1965, l’appartenance ethnique ou régionale constituait le critère primordial d’accès aux emplois publics dans la politique et l’administration de la Province du Nord-Kivu . Après cette période, le principe d’égale admissibilité à  l’emploi public consacré par l’article 9 de la loi n° 81-003 du 17 juillet 1981 portant statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat et l’article 13 de la Constitution du 18 février 2006, est resté un leurre. Au cours de la période de transition vers la troisième République et sous celle-ci, le contrôle de la fonction publique urbaine de Goma en Province du Nord-Kivu a été au cœur des luttes entre groupes ethniques dominants de la région. 
Selon Kasonia Kirarahumu , l’ethnicité a pris l’ampleur dans les services publics à Goma. Son étude révèle qu’à différentes époques et différents régimes, les critères subjectifs ont prévalu sur les critères objectifs pour l’accès aux emplois publics. 


L’enquête de P. Ndeze  présente un déséquilibre dans la répartition des emplois publics qui existait entre groupes ethniques depuis les premières années de l’indépendance et sous le  Mobutisme. Son analyse est qu’à cette époque, la devise utilisée par les premiers officiels de la Province, notamment le Gouverneur Denis Paluku était « SISI KWA SISI » soit « entre-nous ». 
Analysant les nominations des autorités académiques à Goma en 2004, dans sa réflexion, Thembo Mughami   est arrivé à la conclusion selon laquelle les instructions académiques relatives aux critères de nomination de celles-ci n’ont pas été respectées. Son étude a également démontré que malgré la tentative d’équilibrage ethnographique prônée par l’autorité de nomination, le territoire de Rutshuru a gardé sa suprématie sur les autres dans les Comités de Gestion à Goma.

 
Cet article réfléchit sur la question de tribalisation des services publics qui limite l’accès aux emplois publics et met en péril la cohabitation pacifique entre les ethnies établies à Goma. Il analyse d’une part le phénomène de l’ethnocratie dans les principales institutions publiques de la ville de Goma et d’autre part les répercussions de ce phénomène sur le développement de cette entité. Contrairement aux travaux décrits ci-haut, cette réflexion a le mérite d’approfondir le phénomène ethnocratique dans les services publics de Goma pendant la transition et la Troisième République. 
 

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Auteur : Ass. KASONIA KIRARAHUMU Alex 

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