Dieudonné KABUDRI Legi

06

Dec

2022

Les crises politiques au sommet de l’Etat congolais (1960-1965 et 1990-1997)

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REVUE DE L’IRSA N° 19 Décembre 2013

Introduction

En République Démocratique du Congo (RDC), la première République et la période de transition en Deuxième République ont été l’objet de crises politiques sévères qui sont à l’origine de beaucoup de maux dont souffre aujourd’hui le peuple congolais. Ngoie Tshibambe1 soutient que souveraine, la RDC est un pays dont les crises politiques, se déroulant sur le fonds de la violence, sont un des traits caractéristiques. Les guerres civiles sont récurrentes. Les cinq premières années qui marquent la Première République (1960-1965) ont été dominées par l’instabilité : deux provinces ont tenté de faire sécession, il s’agit de la Province de Katanga et celle de Sud Kasaï, tandis que des mouvements de rébellion proliféraient un peu partout, conduisant à l’instauration d’un gouvernement populaire occupant la partie Orientale du pays.

En évoquant le concept crise, Claude Nigoul souligne plutôt qu’il n’ya pas une crise de la société politique contemporaine. Il y a une crise globale de notre civilisation qui se manifeste dans tous les secteurs de la vie sociale, y compris évidemment dans le secteur politique. Les soubresauts nationaux ou internationaux qui ébranlent le monde d’aujourd’hui ne sont que des épiphénomènes. Mais un lien étroit unit l’agitation raciale aux Etats-Unis, la libération à l’Est et tous les événements dramatiques qui, épisodiquement apparaissent à la « une » des journaux sous nos regards de plus en plus blasés.

Pour Mwabila, l’Afrique est en crise, une crise profonde et totale qui couvre presque tous les domaines de la vie courante : domaine politique, économique, culturel, … Il s’agit d’une crise permanente dont le point de départ est à rechercher dans le déséquilibre général consécutif au processus de colonisation qui a atteint ce continent dès le 18 e siècle, processus concrétisé par l’Acte Général de Berlin de 18853 . En effet, la notion plus précise de crise politique est susceptible de renvoyer à trois grandes catégories de situations. Crise gouvernementale, lorsque l’exécutif se voit refuser la confiance du parlement et doit démissionner. Crise de régime, lorsque se trouve gravement ébranlé le consensus des forces politiques autour des procédures constitutionnelles en vigueur. Crise de l’Etat enfin, lorsque le fonctionnement efficace des services publics devient problématique. Ce phénomène atteste une déperdition de l’énergie et/ou une incapacité à faire respecter le monopole de la coercition. Lucien Pye en a proposé une analyse d’où émergent cinq idéaltypes principaux : crise d’identité (disparition des valeurs et symboles communs), de légitimité, de participation, de distribution (blocages conflictuels autour du partage des pouvoirs et des ressources entre segments de la société), crise enfin de pénétration (résistances actives au renforcement de l’interventionnisme étatique)

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Auteur : Dieudonné KABUDRI Legi

 

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